J'ai souvent entendu cette question autour de moi : peut-on vraiment sécuriser une levée de fonds avec des SAFE ? Après avoir accompagné des fondateurs et lu des dizaines de conventions, je veux partager mon expérience concrète. Les SAFE (Simple Agreement for Future Equity) sont devenus très populaires, en particulier dans l'écosystème startup. Mais les promesses de simplicité ne signifient pas absence de risques. Dans cet article, je décris ce que sont les SAFE, pourquoi ils séduisent, quels dangers ils cachent, et comment les utiliser de manière réaliste pour réduire les imprévus.
Qu'est-ce qu'un SAFE ?
Un SAFE est un accord par lequel un investisseur donne des fonds à une startup en échange d'un droit futur à des actions, déclenché par une levée de fonds qualifiante ou un événement de conversion (acquisition, IPO, liquidation). Conçu initialement par Y Combinator, le SAFE vise à simplifier les négociations par rapport aux tours d'actions traditionnels (équity) ou aux instruments convertibles (notes convertibles).
Techniquement, le SAFE n'est pas une dette : il ne porte pas d'intérêt et n'a pas d'échéance stricte. Il contient souvent deux mécanismes pour déterminer la conversion en actions : un discount (remise) et/ou un valuation cap (plafond de valorisation). Certains SAFE sont "post-money" (qui fixent la dilution de façon plus transparente), d'autres "pre-money", avec des conséquences différentes pour fondateurs et investisseurs.
Les avantages qui séduisent
J'apprécie les SAFE pour plusieurs raisons pratiques :
Si vous lancez une startup, je comprends l'envie de valider des investisseurs rapidement sans se noyer dans des term sheets complexes. Le SAFE facilite ce chemin.
Les risques que j'ai constatés
Pour autant, je ne dramatise pas : les SAFE ont des risques réels. En voici quelques-uns, illustrés par des cas que j'ai rencontrés :
Cas pratiques : deux exemples vécus
Voici deux situations réelles (anonymisées) qui me semblent instructives :
| Contexte | Issue |
|---|---|
| Startup A — plusieurs SAFEs signés en amorçage, certains avec discount, d'autres avec cap très bas. Aucun tour qualifiant pendant 2 ans. | La cap table est devenue chaotique et, quand un VC a voulu entrer, la due diligence a révélé des conversions imprécises. Le tour a été retardé de 6 mois et a coûté cher en frais juridiques pour restructurer les SAFE avant la série A. |
| Startup B — un SAFE post-money clair, avec un cap raisonnable et une clause de conversion automatique à la prochaine levée de plus d'un seuil défini. | Levée ultérieure fluide : la conversion s'est faite de manière transparente, les investisseurs seed ont obtenu leurs actions aux conditions attendues, et la startup a évité des négociations longues. |
Quand le SAFE sécurise réellement la levée
Selon mon expérience, le SAFE fonctionne bien et sécurise la relation quand :
Clauses à surveiller et à négocier
Quand je relis un SAFE, je me concentre sur ces points :
Bonnes pratiques opérationnelles
Pour que les SAFE restent un outil utile, j'applique et recommande :
Exemple de tableau récapitulatif simple
| Élément | À vérifier |
|---|---|
| Type de SAFE | Pre-money vs post-money |
| Cap | Valeur chiffrée et impact sur dilution |
| Discount | Pourcentage et combinaison avec le cap |
| Qualified financing | Seuil et conditions de déclenchement |
| Liquidation | Ordre de priorité et traitement des fonds |
En résumé, les SAFE peuvent sécuriser une levée de fonds si vous les utilisez en connaissance de cause : clarté, cohérence, et préparation sont les clés. Ils ne sont pas une baguette magique qui supprime le besoin de réflexion stratégique et juridique. Si vous voulez, je peux vous aider à vérifier un SAFE ou proposer un checklist adaptable pour votre prochaine levée.